Tour de Corse

Vue du corsica tour 2013Du samedi 25 mai au samedi 1er juin 2013.
7 étapes, 1 jour de repos.
16 participants : Bernard (chauffeur et cuistot), Christian, Eddie, Gislaine, Guy, Jean, Jean-Jacques, Joël, Manu, Maurice (dit Momo), Michel, Michel (dit Rocky), Philippe (dit Fifi), Philippe, Philippe (le benjamin), Véronique.

La lumière se met à briller dans la cabine du bateau Toulon-Ajaccio et une voix annonce qu’il est 5h et que la cafétéria est ouverte. Une heure plus tard, une pluie fine nous accueille sur le port d’Ajaccio et il ne fait pas chaud.

A cause d’une météo contraire, l’étape du jour s’avère plus éprouvante que prévu. Pendant une demi-heure toute l’eau du ciel corse nous tombe dessus. Et, plus tard, la montée d’un col de 3ème catégorie me parait interminable.

L’Hôtel Neptune de Propriano est une bonne adresse : chambres petites mais confortables, hammam et jaccusi accessibles de 17 à 19h, bain de mer à proximité, buffet petit-déjeuner. La classe.
Le lendemain dimanche 26, trois cols sont au programme (dont un en option). D’emblée, ça grimpe sévère. En 35 kms on passe d’une altitude 0 à 1000, et ce n’est qu’un début.

Fifi et Manu se disputent le maillot à pois alors qu’à l’arrière le peloton explose. L’étape est sévère mais de toute beauté. La montée du dernier col (celui en option), sous les arbres et le soleil est encore plus belle et, à près de 1300m, point culminant de ce périple corse, je suis content d’être là.

Jacky, le propriétaire/gérant de l’Hôtel-restaurant Kyrié à Ghisoni est un homme plein de verve et d’humour et sa soupe corse vaut à elle seule le détour. Mais au dehors, il fait froid comme c’est pas permis de faire aussi froid en Corse.

Le lendemain, la route de St Florent est longue et variée. On emprunte des gorges, traverse des villages de montagne, serpente sur de petites routes pas toujours en excellent état. En descente, il faut faire gaffe à la présence inopinée de vaches, chèvres ou familles de cochons sauvages  (dont les petits sont particulièrement mignons et indisciplinés).

Cette étape est une succession de bosses dont la dernière, dans un décor à la fois sauvage et grandiose, est la plus impressionnante. Au col, à 900m, on pourrait se croire sur le toit du monde (de la Corse du moins).

Les derniers kms, en terrain plat, sont avalés à un train d’enfer, j’en ai encore des frissons.

Le lendemain, c’est repos et ça tombe bien car il pleut et il fait froid. St Florent est une agréable petite ville portuaire. De petits groupes se forment pour en faire le tour et, accessoirement, y déjeuner.

Ceux qui trouvent que cette journée manque d’action s’offrent 60 bornes à vive allure le long de la côte ouest du Cap Corse.

L’Hôtel-restaurant Villa Bleu Azur où nous logerons 3 nuits nous régale par la qualité et l’abondance des plats. Ce soir, il y a paella.

Le lendemain mercredi 29, le vent souffle avec violence sur la route du Cap Corse que nous contournons dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Une jolie petite boucle de 15 kms nous permet d’atteindre la pointe nord de l’île. Ici, c’est presque le paradis.

La route épouse le tracé  torturé de la côte ouest du cap. Nous surplombons une  mer turquoise et les vagues blanches venant s’écraser à gros rouleaux sur le rivage de sable gris.

Un bidon oublié au bord de la route me contraint à faire demi-tour à une quarantaine de kms de l’arrivée. J’ai roulé à fond mais n’ai jamais réussi à recoller au peloton.

Le lendemain, le vent de la veille ne s’est en rien calmé. La côte ouest de la Corse est balayée de rafales et, décidément, certaines portions de routes sont juste bonnes pour les VTT ou les 4X4.

Je constate et m’étonne du peu de pépins que les membres du groupe rencontrent. 2 ou 3 crevaisons, c’est tout. Par contre, la mécanique humaine est plus fragile. On ne compte plus les mal aux jambes, à la gorge, à la tête, au dos, ou ailleurs.

Je suis aussi épaté par la cohésion de ce groupe et par la solidarité qui y règne. Personne n’est jamais laissé à l’écart ou seul à l’arrière. Sur la route, Michel, Fifi et Manu, ensembles ou à tour de rôle, font office de nounou ou gardien de troupeau.

Le gîte d’étape de ce soir nous change du confort des hôtels utilisés jusqu’à présent. En dortoir, la nuit est moins paisible.

Le lendemain, les 140 kms entre Galéria et Appietto m’ont laissé sur le cul. Je passe à l’aise la première bosse de la journée mais, pour cause de fatigue et lassitude, me traîne dans la seconde. Les effets d’une répétition quotidienne d’efforts intenses et prolongés se fait cruellement sentir dans la 3ème et dernière bosse. Celle-là ressemble à un escalier sans fin et je m’en souviendrai.

vue de la corseL’hébergement de ce soir ressemble à un motel au bord de l’eau. Couché sur un lit, je ne bouge pas jusqu’à l’heure du dîner.

C’est notre dernière nuit en Corse. Un orchestre composé de deux musiciens et un chanteur essaye de mettre un peu d’ambiance dans une salle immense remplie de vacanciers du 3ème âge. Pas simple. Michel, Eddie et Momo prennent les choses en main, certaines dames s’en souviendront.

Le lendemain samedi 1er juin, la 8ème et dernière étape nous fait grimper en plusieurs paliers et à travers des paysages de montagne grandioses jusqu’à 1200m. Bastelicaccia, Ocana, Tolla, Bastellica, nous traversons des villages portant de jolis noms. Les sommets sont couverts d’une fine couche de neige fraiche, le soleil chauffe.

Les pâtes du midi préparées par Bernard sont chaque jour exactement les mêmes que celles de la veille et toujours les bienvenues. Dommage que l’huile d’olive manque depuis 3 jours.  

Le reste, c’est le retour à Ajaccio, la douche, la Pietra, la promenade dans la vieille ville, le repas du soir, le bateau etc.

Ainsi s’achève notre semaine corse. Partis à 16, on revient à 16. On a eu la pluie, le froid, le vent, mais on a eu aussi le soleil. On a bien bouffé, rigolé, roulé. En 1000 kms, on a traversé et parcouru des paysages formidables et, question dénivelé, escaladé environ 2X l’altitude de l’Everest.

Jean